Hélène Frappat est écrivaine. Dans un de ses livres, deux jeunes frères s’installent au bord d’un fleuve et rencontrent différents personnages, chacun entretenant une relation singulière au fleuve, qui devient un des acteurs principaux de cette étrange histoire.
Hélène Frappat est la marraine du concours d’écriture « Dans les courants du fleuve », aux côtés du journaliste Jean-Jacques Fresko.
La série des portraits En direct du fleuve propose des rendez-vous avec des personnes qui développent un lien particulier au Rhône ou à la Saône. Aux mêmes questions, différentes réponses nous donnent par ricochet, de nouvelles vues sur le fleuve !
Bonjour Hélène Frappat pouvez-vous vous présenter en quelques lignes et nous parler du lien que vous avez avec le Rhône ?
Je suis écrivaine, romancière —mon premier roman, Sous réserve, est paru aux Editions Allia en 2004, et le huitième, Le mont Fuji n’existe pas, sort en 2021 aux Editions Actes Sud —, et autrice de nombreux essais sur le cinéma.
Pour écrire mon septième roman, Le dernier fleuve (Actes Sud, 2019), je me suis rendue au delta du Rhône, en Camargue, afin d’assister à la rencontre magique entre le Rhône et la Méditerranée.
Donnez-nous trois ou quatre adjectifs pour décrire le Rhône
Vaste, mystérieux, sauvage, empoisonné, pollué.
Quel est votre meilleur souvenir avec le Rhône, ou un autre fleuve ?
La contemplation inoubliable du delta du Rhône, après des heures de marche pour y parvenir.
La présence familière de la Seine, à Paris où je vis. Sa présence me manque dès que j’en suis géographiquement trop éloignée.
Avez-vous un fleuve préféré, lequel, pourquoi ?
Chaque fleuve que j’aime devient pour moi, comme dans mon roman Le dernier fleuve, « le » fleuve, un fleuve générique, universel, contenant tous les autres.
Quel avenir imaginez-vous pour le Rhône ?
Je suis effrayée par les industries polluantes qui le détruisent. Le titre de mon septième roman, Le dernier fleuve, m’a été inspiré par l’asphyxie, voire la disparition de nombre de fleuves, en France ou ailleurs.
Parmi celles qui vous sont présentées, quelle citation préférez-vous ? Pourquoi ?
Le proverbe chinois et la citation de Brecht, parce que toutes deux confèrent au fleuve une personnalité, une individualité, une liberté.
LA PASSIONNÉE
On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent.
Bertolt Brecht
LA PRAGMATIQUE
Il est plus facile de déplacer un fleuve que de changer son caractère.
Proverbe chinois